Le printemps tient ses promesses

Edouard Denouel avec Bagnolet Collectif a creusé l’écart au second tour et l’a nettement emporté. Une page se tourne dans notre ville gérée depuis près de cent ans par le PCF et le PS. Les défis sont immenses mais la dynamique populaire est là.

Téléchargez ici les résultats bureaux/bureaux.

 

Le résultat est net et sans bavure. Edouard Denouel à la tête de Bagnolet Collectif l’a largement emporté. Après le premier tour, de nombreux.ses citoyen.nes ont compris que Tony!!! pouvait être battu. La manœuvre électorale de dernière minute avec P. Vionnet (Lire Tony!!! c’est fini ou encore trois ans?) n’a pas pris et s’est au contraire retournée contre ses promoteurs.

La déconnexion du terrain est sanctionnée

L’incroyable coalition de Tony!!! et de toute son opposition au précédent mandat (PC, BIC, Génération S), le soutien du député et du maire de la ville voisine, n’ont pas fait le poids face à la détermination populaire. L’histoire retiendra l’aveuglement de ces forces qui ont refusé l’évidence du rejet de Tony!!! par une grande partie de la population et ont préféré un arrangement entre notables plutôt que l’essai d’une voie nouvelle. Leur déconnexion avec les habitant.es, avec la réalité du terrain, a été durement sanctionnée. C’est un enseignement majeur de ce scrutin qui reste peu lisible au niveau national avec beaucoup de changements dans tous les sens.

La campagne de Bagnolet Collectif

Bagnolet Collectif a multiplié les portes à portes qui ont permis de rencontrer des milliers de personnes. Les vidéos diffusées à un rythme quotidien sur les réseaux sociaux ont fait le reste. Des sujets majeurs ont émergé de toutes ces rencontres. Le logement social, à la fois la difficulté d’accès mais aussi la mauvaise gestion, les conditions de vie parfois insalubres de ses habitants. La propreté de l’espace public qui est pourtant une prérogative de base de la commune et qui n’est pas assurée. Les discriminations sociales et raciales et la volonté d’un engagement plus résolu de la ville sur le terrain de l’antiracisme. La reconnaissance et la valorisation des personnes de toutes les origines, issues de l’immigration, est devenue impérative.  L’égalité de tous.tes est clairement revendiquée. La question de la démocratie, transparence, partage des pouvoirs avec les habitant.es, est attendue. Et le vélo nous a transporté!

La suite

Ce mouvement citoyen doit continuer et accompagner la nouvelle équipe élue. Pour faire face aux difficultés issues de la gestion passée et aux politiques macronistes, des rapports de force favorables doivent être créés, les élu.es n’y arriveront pas tout.es seul.es. L’activité citoyenne sur les enjeux locaux doit se poursuivre et c’est une excellente école pour aborder les enjeux nationaux, pour la repolitisation nécessaire pour résister à l’extrême-droite et pour créer des alternatives résolument à gauche et écologistes.

Et à Est Ensemble?

A l’exception de Bagnolet, tous les maires des villes d’Est Ensemble ont été réélus. Bertrand Kern à Pantin n’a plus l’étiquette PS. Les nouvelles municipalités comprennent davantage d’écologistes, en particulier à Bagnolet, Les Lilas, Le Pré Saint-Gervais, Montreuil, Noisy-le-Sec et Pantin, ce qui les rapproche de la réalité électorale (de bons scores écologistes dans les villes limitrophes  de Paris). Toujours aucune femme maire dans les neuf villes d’Est Ensemble. Toujours un seul maire issu de l’immigration, Abdel Sadi à Bobigny. Il reste encore une bonne marge de progression!

Et en Seine Saint Denis?

Un vent nouveau d’écologie souffle avec la réélection de Mohamed Gnabaly au premier tour à L’Île-Saint-Denis et l’élection de deux nouveaux maires, Edouard Denouel à Bagnolet et Mélissa Youssouf à Villepinte. 

Mohamed Gnabaly venu soutenir Edouard Denouel à Bagnolet entre les deux tours

 

La victoire de Bally Bagayoko (LFI) à Saint Denis Pierrefitte qui a balayé Mathieu Hanotin (PS) dès le premier tour est une des très bonnes nouvelles du scrutin. La défaite cinglante du sénateur Thierry Meignen, ligué à l’extrême-droite, au second tour au Blanc-Mesnil face à une coalition de gauche menée par Demba Traoré, est un autre résultat remarquable. Dans ces deux cas (et dans bien d’autres) un fort vent d’antiracisme, de reconnaissance de l’immigration (Bally Bagayoko évoque Saint-Denis comme une ville-monde)  et d’égalité républicaine a soufflé et nous nous en réjouissons!

De nouvelles perspectives pour l’eau publique

Autre motif de satisfaction, de nouvelles perspectives s’ouvrent pour une gestion publique et citoyenne de l’eau à Plaine Commune et au Blanc-Mesnil. On se souvient qu’un des premiers actes de Mathieu Hanotin, élu président de Plaine Commune en 2020, avait été de faire adhérer ce territoire au Syndicat des Eaux d’Île-de-France lié à Veolia (Lire Revirement à Plaine Commune), alors que les territoires Est Ensemble et Grand Orly Seine Bièvre faisaient le choix inverse et décidaient de créer leur propre régie publique. Quant au Blanc-Mesnil, la déliquescence de la gestion de l’eau  longtemps confiée à la Saur, puis à la Nantaise des eaux avant de tomber dans l’escarcelle de Suez, était notoire (Lire Le Blanc-Mesnil, une gestion de l’eau chaotique). 

Pour les femmes, le compte n’y est pas

Quatre villes de Seine Saint Denis (sur 39) ont basculé de droite à gauche (Aubervilliers, Rosny-sous-Bois, Vaujours et Villepinte), ce dont nous pouvons aussi nous réjouir. Seulement quatre femmes ont été élues maires dans notre département   : Mélissa Youssouf à Villepinte, Virginie De Carvalho à Tremblay-en-France, Inès Merbah à Vaujours et Magalie Thibault à Rosny-sous-Bois. Toutes les quatre sont de gauche ou écologistes. Il y en avait trois en 2020. Cela s’inscrit dans une tendance nationale qui est à la stagnation voire au recul du nombre de femmes maires.

 

 

 

 

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