La montée inéluctable de l’eau publique

Régie publique vs délégation de service public à un ou des prestataires privés : plusieurs options s’offrent aux futurs élus municipaux ou communautaires, et donc candidats aux élections municipales, pour assumer au mieux leurs compétences en matière d’eau et d’assainissement. Le mandat 2020-2026 a été particulièrement favorable au passage en gestion publique, avec des exemples emblématiques, de Bordeaux à Lyon. Mais à la veille des élections municipales et communautaires 2026, les modes de gestion de l’eau attisent-ils toujours autant les débats ? Eléments de réponses. Par Sylvie Luneau dans le Courrier des Maires et des élus locaux.

Aux vœux des régies de l’eau du Grand Orly Seine Bièvre, de g à d, Jean-Claude Oliva, Fatah Aggoune, Pdt de la régie Eau, Seine et Bièvre, Carel Assogba, élu de Villejuif, Vanessa Charlotte, Coord’eau IDF, Jacky Bortoli, Grand Paris Sud, Anissa Tibah, Coord’eau IDF.

L’eau, et en particulier son mode de gestion – privé ou public –, agite-t-elle en ce début d’année 2026 les débats des élections municipales ? Lors du scrutin précédent, la remunicipalisation et le retour en régie avaient fait l’objet de nombreuses promesses de campagnes. Promesses tenues pour la plupart, avec notamment deux métropoles importantes passées en gestion publique : Lyon et Bordeaux.
Selon les derniers chiffres de l’observatoire des services publics d’eau et d’assainissement, datés de 2023, la part de gestion publique est en augmentation constante : 63 % pour l’assainissement collectif et 48 % pour l’eau potable (en population desservie). Sur le mandat 2020-2026, c’est sûrement en Île-de-France que le sujet a le plus mobilisé, suivant l’exemple de la régie Eau de Paris, créée en 2009.

De nouvelles régies en Île-de-France

Ainsi, l’établissement public territorial Est Ensemble (9 communes, 447 000 habitants) est sorti du syndicat des eaux d’Île-de-France (SEDIF) et a créé sa propre régie, Eau publique par Est Ensemble, au 1er janvier 2024. De son côté l’établissement public territorial Grand Orly Seine Bièvre (24 communes, 725 000 hab.) a créé deux régies sous ce mandat : Eau Seine & Bièvre, qui regroupe 11 communes sorties du SEDIF et 420 000 habitants, et Eau Seine & Orge, qui regroupe 4 communes et 78 000 habitants. Plus au Sud, dans l’Essonne et la Seine-et-Marne, la régie de l’eau Grand Paris Sud est passée de 6 à 23 villes et dessert dorénavant près de 400 000 habitants.
Plus récemment, dans le nord de la région-capitale, l’agglomération de Cergy-Pontoise (13 communes, 217 000 habitants) a signé en novembre l’acte de naissance d’une société publique locale (SPL), nommée les Eaux de la Confluence. Elle sera officiellement créée en février prochain. L’objectif est de reprendre la gestion de l’eau au 1er janvier 2027, à l’issue du contrat de délégation de service public signée avec une filiale de Veolia. « Notre association appelle les candidats aux élections municipales à faire entrer l’eau dans leurs priorités : le passage en gestion publique, bien sûr, mais aussi la démocratisation de sa gouvernance, les enjeux de qualité, de tarification, la place de l’eau dans la ville », exhorte Jean-Claude Oliva, directeur de la Coordination Eau Île-de-France et vice-président d’Est Ensemble, chargé de l’eau et de l’assainissement.

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