Du cash au détriment de la qualité du projet

Révélations. L’avis de l’Etat sur les prix de vente au promoteur des parcelles de la ville de Bagnolet et de l’EPFIF (établissement public d’aménagement urbain) au 133-145 av Gallieni montre une distorsion importante en faveur de la ville. C’est que la ville capte la plus-value de l’ensemble des terrains au détriment de la qualité du projet. Fort heureusement, cette délibération a été rejetée au conseil municipal, le maire n’ayant pas la majorité (Lire : Le retour de la démocratie dans les projets urbains)

av gallieni valeur (1)

Dans la page 3 de l’avis des domaines, il est indiqué que le promoteur a adressé une offre financière à la ville à hauteur de 3 360 056 € pour la commune et de 8 600 000 € pour l’EPFIF, soit un total de 11 960 056 €. Une telle offre valorise le foncier de la commune plus cher que celui de l’EPFIF, avec un écart de près de 912 €/m2: 3353 € pour la commune contre 2441 € pour l’EPFIF.

Voici les explications d’un architecte, Hugo, sur cette différence de prix de vente au m2.

Analyse de l’Avis des Domaines

Quand l’Etat encourage la spéculation foncière

L’Etat contribue à normaliser l’approche spéculative via l’avis des domaines. L’avis des Domaines s’appelle « Avis sur la valeur vénale ». Initialement, la valeur vénale d’un terrain signifie que c’est la valeur intrinsèque du bien qui est considérée, par exemple, un entrepôt est estimé pour sa valeur en tant qu’entrepôt, et pas en tant que futur projet immobilier. La valeur vénale s’oppose à la valeur spéculative, qui elle ne considère pas le terrain pour ce qu’il est, mais pour ce qu’il pourrait rapporter si l’on devait le transformer, en considérant notamment ce que permet le PLUi. Donc, annoncer d’une part que l’avis porte sur la valeur vénale et annoncer ensuite une méthode de compte-à-rebours promoteur, c’est-à-dire une approche spéculative, c’est une contradiction. Malheureusement, ce paradoxe se généralise sur base de méthodologies dictées par Bercy, c’est un non-sens qui ne choque plus grand monde, et l’Etat encourage ainsi la spéculation foncière.

Anomalie sur l’assiette foncière du projet

La parcelle 0082 semble inoccupée et condamnée depuis 2023, voir ici C’est la propriété d’une personne physique qui n’est pas intégrée au projet. Vu la vétusté du bâtiment, son état d’abandon apparent et sa surface modeste, le fait de ne pas l’intégrer au projet laisse à penser qu’elle va rester à l’état de friche pour une très longue durée (là où une opération avec les parcelles mitoyennes aurait permis de générer des économies d’échelles, des marges de manœuvre financière pour réhabiliter/requalifier/surélever le bâtiment).

L’avis des Ecolos solidaires

Encore une manifestation de l’amateurisme et de la précipitation du maire: la seule chose qui compte pour lui, c’est l’entrée rapide de cash au détriment de la qualité et de l’équilibre financier sur le long terme.
La bonne nouvelle, c’est qu’on pourrait faire un projet de bien meilleure qualité!

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