Combien d’hivers encore au 82 rue Anatole France ?

Jeudi 8 janvier 2026 avait lieu une réunion pour les habitant.e.s de la cité du 82 rue Anatole France, à l’école Jean Jaurès. C’était un an après une réunion précédente le 13 janvier 2025. Malgré les promesses du maire, rien n’a changé concrètement pour les résident.e.s. Un point sur le naufrage d’une opération de réaménagement.

Le 13 janvier 2025, le maire réunissait les habitant.e.s, Est Ensemble Habitat et ses prestataires pour leur présenter, suite à une n-ième enquête, un nouveau projet de réaménagement du 82 rue Anatole France. Rien de très novateur pourtant, il s’agissait, avec le procédé propre aux opérations à tiroir, de commencer par s’étendre sur des parcelles de pleine terre (ici le terrain de boules en fond de parcelle sans visibilité depuis la rue) pour y construire un immeuble neuf. Pour le reste, deux bâtiments devaient être détruits et reconstruits différemment, les cinq autres devant être réhabilités. Une fois construit, l’immeuble neuf permet de reloger certains foyers. En attendant, aux 3e et 4e trimestre, des travaux d’urgence après acquisition du patrimoine devaient être réalisés pour permettre aux autres foyers de rester dans les bâtiments avant rénovation. (Lire notre article du 12 février 2025 qui accueille favorablement ce projet tant attendu)

Des promesses non tenues, une acquisition fantôme

Le 13 janvier 2025, dans l’attente de l’acquisition du patrimoine et des travaux d’urgence qui devaient s’en suivre, le maire avait promis que la ville procéderait au changement des portes des halls. En effet, leur absence ou leur état dégradé transforme les cages d’escalier en un extérieur glacial qui s’infiltre dans les appartements par les portes de palier.

Au 9 janvier 2026, aucuns travaux n’avaient été réalisés, ni ceux promis par le maire, ni ceux inscrits au programme d’Est Ensemble Habitat. L’acquisition par Est Ensemble Habitat de ces terrains appartenant à la ville a-t-elle seulement eu lieu ?

La détresse des habitant.es

Pour les personnes qui vivent toujours dans les bâtiments, la situation est au delà les limites de l’acceptable, et dans le registre des conditions insalubres : fuites par le plafond à travers la bâche qui a été posée comme rustine, moisissures, températures inférieures à 18°C. Les habitant.e.s avaient déjà exprimé leur désarroi l’an passé. Ils affrontent un nouvel hiver rude. Cette fois, ce qui s’exprime est angoisse, idées suicidaires, et déprime. Et coup de massue, il est annoncé aux habitant.e.s qu’aucun d’entre eux ne pourra rester dans son logement, tous doivent ouvrir un dossier de relogement. Pour aller où? Les habitant.es sont attaché.es à leur cité et craignent de tomber sur d’autres logements en mauvais état, plus chers et de ne pas pouvoir revenir.

Tout est à reconstruire

Au printemps, le diagnostic technique aurait constaté des faiblesses structurelles sur tous les bâtiments (mais rien n’a été rendu public). Toujours est-il que le projet de réaménagement est abandonné pour un projet de démolition reconstruction complet. Les  derniers mois ont été consacrés à refaire un nouveau programme de travaux.

2,1 Millions d’Euros seront destinés à faire des travaux d’urgence dans les bâtiments destinés à être détruits. C’est le plan pour donner à Est Ensemble Habitat le temps de reloger l’ensemble des habitant.e.s. Le plan n’est pas détaillé. On ne comprend pas si l’ensemble des bâtiments seront rafistolés ou si une optimisation par regroupement dans certains des bâtiments est envisagé, ce qui imposerait plusieurs déménagements aux familles.

Combien d’hivers encore ?

Quant au programme final de reconstruction, il n’a pas été présenté. Est Ensemble Habitat annonce une livraison dans deux ou trois ans, peut-être 2028, 2029. Le démarrage du projet montre que les délais ne sont pas tenus. Il faut probablement compter beaucoup plus. Combien d’hivers devront encore attendre les résident.e.s du 82 rue Anatole France pour avoir un logement décent ?

Les rats infestent la cité

Les poubelles, trop peu nombreuses, sont laissées H24 dehors, ouvertes et débordantes, en grande partie dans la rue sur les emplacements réalisés par la ville, le camion de collecte refusant désormais de pénétrer dans la résidence à cause de la mauvaise gestion du stationnement. Le local poubelle reste désormais inactif, autre lieu de prédilection des rongeurs qui n’y sont plus dérangés.

La solution envisagée par EE Habitat, c’est de détruire le local poubelle et de continuer à laisser toutes les poubelles en permanence à l’air libre. Une « solution » qui va encore aggraver l’état de saleté constant du quartier. Encadrer le sous-traitant chargé de l’entrée et sortie des poubelles afin que les poubelles restent comme jadis dans un local fermé et qu’elles ne soient sorties qu’aux strictes périodes de collecte n’a effleuré ni le maire, ni Est Ensemble Habitat. Il existe de vraies solutions concernant la propreté: lire l’article la propreté urbaine, parlons-en.

Un numéro de duettistes

EE Habitat cristallise le mécontentement des résident.e.s. Leurs agent.es sont difficiles à joindre,  leurs prestataires sont mal identifiés, les rendez-vous sont manqués, les procédures sont trop longues et difficiles à comprendre et se referment comme des pièges sur celles et ceux qui acceptent des relogements en urgence.

Cela arrange bien le maire qui regarde ailleurs depuis de longues années et ne fait rien à part des promesses et des rustines à deux mois des élections grâce au dévouement des agents municipaux.


Sur le même sujet:

Quel avenir pour le 82 et ses habitant.es?                   (12 février 2025)

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