Les fariboles de Tony!

Jusqu’à présent Tony Di Martino a évité de parler de son bilan de maire. Grâce aux questions de Citoyens.com, il s’est enfin exprimé à ce sujet. Débunkage.

C’est Tony qui le dit ! Plutôt que “troisième mandat”, Tony di Martino, préfère le terme de “mandat du développement et de la consolidation“. “On a passé ces six dernières années à essayer de stabiliser la ville, au plan financier et budgétaire. On a aussi lancé beaucoup de projets, notamment en termes de renouvellement urbain et de mutation de la ville

Débunkage. L’argument pour sa réélection en 2020 était déjà: laissez moi sortir les projets du premier mandat et en lancer d’autres. Pour briguer un troisième mandat, il reprend les mêmes éléments de langage: réaliser des projets déjà lancés. Les coups partis, c’est aussi le moyen de bloquer toute initiative des autres élu.es, si par malheur, il est reconduit.

Tony! a toujours un mandat de retard

C’est Tony qui le dit ! On a aussi lancé beaucoup de projets, notamment en termes de renouvellement urbain et de mutation de la ville“, résume l’édile qui énumère : aux Malassis, la piste d’athlétisme a été livrée ; le dojo et la salle de combat le seront d’ici la fin du premier trimestre et le début du second ; la nouvelle piscine d’ici l’été.

Débunkage. Les équipements sortis de terre étaient conduits par d’autres (intercommunalité Est Ensemble et l’Etat pour le Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain) et préparés en interne par son premier adjoint démissionnaire, Olivier Taravella, puis par Mona Bellil, chargée des sports, qui a ensuite quitté le groupe du maire et la majorité. Pour le reste des projets prévus, les retards se sont accumulés. Les travaux de démolition de la dalle Thorez commencent in extremis. Ceux de reconstruction du terrain de sports de la Briqueterie et du collège Travail n’ont pas démarré. La reconstruction de l’école Langevin est annoncée pour le prochain mandat, comme il y a six ans. 

Le backlash anti-écolo

C’est Tony qui le dit ! Quand je vois Marine Tondelier venir à un meeting [le 9 février pour soutenir Édouard Denouel] à Bagnolet avec ses militants parisiens et montreuillois, je trouve ça pathétique. 

Débunkage. Il y avait une trentaine de militant.es essentiellement de Montreuil au meeting de Marine Tondelier, soit moins de 10% de l’assistance, composée très majoritairement de Bagnoletai.es. Ce n’était pas le cas au meeting de Tony! où des militant.es socialistes et communistes de tout le département se pressaient derrière leurs ténors, sénateurs socialiste et communistes, président du conseil départemental, etc. 

Qui a tué la majorité de 2020?

C’est Tony qui le dit ! « En fait, si je suis le dictateur, comme ils le disent en ville, qu’ils expliquent pourquoi sont-ils encore mes adjoints aujourd’hui et pourquoi ont-ils voté tous les budgets ?“

Débunkage. Le maire a bien essayé de se débarrasser de ses adjoint.es récalcitrant.es mais il a été mis en minorité 11 fois au conseil municipal (Lire 11-0 : le maire battu à plates coutures au conseil municipal) Il n’a plus de majorité au conseil municipal. Il a retiré leurs délégations aux adjoint.es du groupe Ecolos solidaires, citoyen.nes et radicaux ainsi qu’à des élu.es de son propre groupe comme Anne Gerval ou Mona Bellil. Edith Félix s’est vu retirer trois fois ses délégations au cours du mandat…

Quant au budget, il a été voté par Bagnolet en commun mais pas par les Ecolos solidaires, citoyen.nes et radicaux, ni par certain.es élu.es du groupe du Maire. Les uns et les autre s’en sont largement expliqué, voir nos nombreux articles à ce sujet en avril 2025.

C’est Tony qui le dit ! « Jusqu’à il y a un an et demi, on organisait deux réunions de coordination de la majorité par mois où on était censé se dire les choses, sauf que certains ne disent rien“

Débunkage. Intervenir en réunion de la majorité de façon critique ou même simplement interrogative, signifiait s’exposer à des intimidations, à des sous-entendus lourds de menaces, parfois à des insultes, de la part de Tony! et de ses roquets. La phrase favorite de Cédric Pape: « un adjoint, c’est comme un ministre, ça ferme sa gueule ou ça se casse« . Les élu.es du groupe du maire avaient une réunion préalable à la réunion de la majorité pour verrouiller toute expression de leur part. Dans ces conditions, progressivement le silence s’est fait et la majorité de 2020 est morte, tuée par Tony! et ses méthodes.

C’est Tony qui le dit ! En revanche, je ne pensais pas que les inimitiés entre eux surgiraient au bout de dix jours dès juillet 2020. La seule chose qu’on peut me reprocher est d’avoir essayé de faire travailler ensemble des gens qui se détestent. Maintenant je les vois faire liste commune contre nous“, lâche-t-il, faisant référence au ralliement de Jean-Claude Oliva et des Écolos solidaires à la liste d’Édouard Denouel.

Débunkage. Il n’y a jamais eu d’inimitiés entre Edouard Denouel et moi. Pour la bonne raison qu’on ne se connaissait pas. Le maire n’a jamais fait le minimum, par exemple un simple repas, pour faciliter la cohésion de son équipe. Au contraire, il a attisé les moindres divergences, profitant de chaque occasion pour monter les uns contre les autres. 

Le programme, quel programme?

C’est Tony qui le dit ! Il compte bien continuer à défendre auprès de l’État l’enfouissement de l’échangeur autoroutier et un commissariat de plein exercice pour Bagnolet. 

Débunkage. Mauvaise pioche, l’enfouissement de l’Echangeur autoroutier est un projet complètement irréaliste de par son coût. C’est un chantier pharaonique qui nécessiterait un bétonnage massif, des dépenses énergétiques colossales… Avec en prime la construction d’un nouveau quartier, une seconde Capsulerie, pour le financer. Lire : démanteler l’échangeur et préserver l’avenir

Quant au commissariat de plein exercice, le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’a pas été défendu avec beaucoup d’efficacité par le maire  et par ses prédécesseurs communistes. C’est juste de la communication pour faire croire aux électeur.rices qu’on fait quelque chose en matière de sécurité.

C’est Tony qui le dit ! Il souhaite d’ailleurs proposer la création d’un service de police municipale pour en porter l’effectif à 8-10 agents (contre deux actuellement), mais aussi celle d’un service de médiation. “On s’était engagé à le créer en mobilité interne. On n’a pas réussi, on va donc s’y atteler. Ce qui veut dire qu’il faudra faire des économies ailleurs.

Débunkage. Trois postes de policiers municipaux existent au tableau des effectifs. En douze ans, Tony! aura réussi à recruter deux agents, au cours du second mandat… A ce rythme-là, il lui faudra encore quatre mandats pour en recruter huit. Tony! aura alors 82 ans. Il ne faut donc pas trop compter dessus. La mobilité interne, la formation, etc., Tony! en parle au moins depuis le début de son second mandat dans lequel il a pris la délégation du personnel. Mais rien n’a avancé. 

C’est Tony qui le dit ! Pour faire face aux trois prêts in fine contractés auprès de la Deutsch Bank en 2015 qui arrivent à échéance, l’objectif est de continuer à provisionner pour y faire face “comme on l’a fait en 2025 à hauteur de 3 millions d’euros“, défend-il.

Débunkage. Cette provision arrive bien tard et le montant, trop élevé pour la situation financière actuelle de notre ville, n’est pas tenable dans la durée. Lors du premier mandat de Tony Di Martino, trois prêts in fine ont été contractés. Le premier de 10 millions d’euros doit être remboursé en 2031. Le second de 9 millions d’euros doit être remboursé en 2033. Le dernier de 10 millions d’euros doit être remboursé en 2035. Aucune solution sérieuse n’a été envisagée par le maire. Il est temps de sortir du déni! Ou de changer de maire.


Municipales 2026 à Bagnolet : PS-PCF alliés, écologistes divisés, droite absente

Les municipales 2026 à Bagnolet sont le miroir inversé de 2020. Le maire sortant (PS) Tony di Martino a pour principal concurrent son 3ème adjoint, Édouard Denouel, tandis que le PCF, qui a perdu la ville en 2014, est devenu son principal allié. Pierre Vionnet, élu d’opposition challengera les 2. LO présente à nouveau une liste derrière Aurélie Jochaud. Par Charles Henry.

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