Au terme d’un feuilleton interminable mais sans surprise, à deux mois des élections municipales, la fumée rose est sortie du conclave du PCF de Bagnolet qui a officialisé son ralliement au maire actuel avec lequel il s’affronte pourtant depuis bientôt 20 ans. Mais il est bien difficile de trouver des motivations politiques avouables à cet épilogue attendu.
Nous avions déjà noté au conseil municipal du 26 juin l’effacement de l’opposition et le rapprochement qui s’opérait alors entre les élu.es communistes et le maire:
« Il est vrai que depuis plusieurs mois, les élu.e.s communistes au conseil municipal font (…) le service minimum sur la politique municipale. Le maire met en scène un rapprochement (supposé?) en ne perdant jamais une occasion de valoriser leurs interventions. Ce qui donne du crédit à la perspective d’une alliance entre les frères ennemis PS et PCF pour les prochaines municipales… » (Lire l’article complet ici) Nous y sommes à présent.
Cela faisait suite à un vote du PC au conseil municipal précédent le 3 avril, contre le budget, pour la forme, sans véritable analyse critique… On peut comprendre, bien sûr, que 12 ans dans l’opposition c’est long et que cela émousse la détermination des plus vaillant.es. Mais le contraste est saisissant avec la campagne de bruit et de fureur du PCF en 2020.
L’union à géométrie variable
La seule raison invoquée est l’union à gauche pour faire face à l’extrême-droite en 2027 et aux « reculs sociaux et démocratiques » dans le monde. (Lire ici : Denouel plutôt que le déni). Mais pourquoi choisir le maire sortant, jusqu’à présent honni par le PCF? Et pourquoi refuser toute discussion avec les principales forces de gauche et écologistes de notre ville, rassemblées dans Bagnolet collectif?
Reprendre la main
Oui, la situation en France et dans le monde est très inquiétante. Elle peut susciter à juste titre la sidération et la peur. Mais on ne peut pas en rester là et enjamber les élections municipales au nom des dangers du monde qui vient. Au contraire, c’est dans le local que peuvent s’ancrer des résistances, que peuvent naître des mouvements qui redonnent confiance aux citoyen.nes et qui auront une portée plus globale. C’est ce qu’a fait Zohran Mamdani à New-York. C’est ainsi que les citoyen.nes peuvent reprendre la main.
Loin des citoyen.nes
Nous en sommes bien loin avec les négociations opaques pour les citoyen.nes auxquelles se sont livrés le PCF et le maire. La déclaration du PCF de Bagnolet mentionne des assurances obtenues de la part de Tony Di Martino qui n’est pas avare de promesses dans ce genre de circonstances… Du marchandage au jeu de dupes, il n’y a qu’un pas. Néanmoins certains attendus sont révélateurs. Par exemple, dans les urgences, il y a « respect de tous les agent.es de la ville« . C’est donc qu’iels ne sont pas respecté.es actuellement par le maire qui a la délégation au personnel? C’est un aveu intéressant. Ou encore une « véritable politique publique de santé » quand on sait que le maire a laissé se dégrader le centre municipal de santé qu’il veut à présent démolir et reconstruire dans le cadre d’un projet immobilier (un de plus).
Pas le choix
Les communistes ont voté à 86% pour rejoindre Tony Di Martino, le reste souhaitant une liste autonome. Un score qui repose sur un faible nombre de votant.es (environ 70, semble-t-il) et qui n’a rien d’étonnant. En effet, l’hypothèse de lancer une liste autonome du PCF à deux mois des élections municipales, sans incarnation ni programme, paraissait complètement irréaliste. Pour laisser une réelle possibilité de choix aux communistes, il aurait fallu les consulter bien avant… Ce sera sans doute pour une autre fois.