Tout n’est pas permis à Bagnolet

Tout n’est pas permis à Bagnolet, c’est la rengaine du maire candidat à chaque fois qu’il est contredit ou critiqué. Mais on n’entend guère ces précautions sur des questions a priori plus importantes pour notre ville qui concernent l’organisation du service public communal.

 Ainsi au dernier comité social territorial (l’instance paritaire entre la ville en tant qu’employeur et les représentant.es du personnel) le 27 janvier et  au Conseil municipal du 19 février, sont soumises la réorganisation de 4 directions de services municipaux (sports et prévention, propreté urbaine, garage municipal et petite enfance) et la création d’une nouvelle direction Egalite femmes /Hommes Diversités Inclusion (DEDI).

Certes de très nombreuses réorganisations des services ont eu lieu tout au long du mandat et n’ont d’ailleurs apporté que peu d’améliorations, mais plutôt des complications et des souffrances supplémentaires pour le personnel confronté à un environnement de travail instable. Mais cette dernière réorganisation est remarquable par son ampleur: elle concerne environ un tiers des directions des services municipaux. De plus, elle se situe en toute fin de mandat municipal ce qui constitue un véritable aveu d’échec pour le maire, chargé en direct de la délégation du personnel depuis 2020. Pour ne prendre qu’un exemple, il est évident qu’il y a un problème de propreté urbaine dans notre ville, tout le monde le sait et le candidat maire promet de « renforcer les équipes de  propreté » au prochain mandat. Il semble donc s’agir de réorganisations purement électoralistes pour montrer qu’on fait quelque chose et pour éviter la sanction des électeurs.rices …

De prime abord, la création d’une nouvelle direction Egalite femmes /Hommes Diversités Inclusion (DEDI) peut sembler une bonne idée.  Cela donnerait plus de cohérence et de force aux actions diverses déjà menées. Cela donnerait aussi plus de lisibilité à la stratégie municipale sur ces questions, au-delà des activités associatives. Pour autant, comme pour les réorganisations précédentes, l’urgence de prendre cette décision à moins d’un mois des élections municipales n’a rien d’évident.

D’autant que sa réalisation semble assez acrobatique. Ainsi, la maison des femmes, une structure associative très récente, à l’activité relativement modeste par rapport à d’autres structures, mais qui a fait, il est vrai, l’objet d’une large couverture dans le magazine municipal, serait en cours de municipalisation et deviendrait la pièce centrale du dispositif, chapeautant les autres acteurs associatifs.

La question de la légitimité de ce montage se pose. Et quand on voit que plusieurs personnes, membres du conseil d’administration de cette structure, sont aussi dans le premier cercle de la campagne électorale du maire candidat (on les voit ici faire du porte-à-porte), n’existe-t-il pas un risque éthique et juridique pour notre ville ? Nous espérons que le maire pourra répondre à l’ensemble de ces questions lors du prochain conseil municipal de ce jeudi. Car tout n’est pas permis à Bagnolet, pas plus qu’ailleurs.

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