Comment résister à l’extrême-droite qui vient?

Lutter contre l’extrême-droite, tout faire pour l’empêcher d’accéder au pouvoir en 2027,  lui résister le cas échéant, c’est absolument indispensable! Ces préoccupations sont trop importantes pour en faire un argument électoral à trois sous  pour un maire candidat  en difficultés.

Reprenant le scénario cousu de fil blanc du PC et du PS, le maire maintenant candidat appelle à se rassembler contre l’extrême-droite et surtout derrière lui, aux prochaines élections municipales. Sauf qu’à Bagnolet, nous l’avons déjà dit et redit, il n’y aura pas de liste d’extrême-droite aux municipales. Et si c’est pour battre l’extrême-droite aux présidentielles en 2027, on ne peut pas compter ni sur le PC, ni sur le PS, pour le rassemblement. Le PC ne participe pas à la primaire de la gauche et des écologistes et fera probablement bande à part en 2027, comme il l’a fait en 2022, avec le résultat que l’on connaît (2,28%). Le PS se divise entre ceux qui s’inscrivent dans la primaire de la gauche et des écologistes avec Olivier Faure et ceux qui préfèrent une voie social-démocrate avec Raphaël Glucksmann et François Hollande; là aussi pas question de rassemblement contre l’extrême-droite. Le rassemblement contre l’extrême-droite, c’est juste pour les gogos de Bagnolet!

Le problème de ceux qui soutiennent la candidature de Tony Di Martino aux élections municipales, c’est qu’ils n’arrivent pas à trouver une bonne raison de le faire. En tout cas, pas une raison avouable aux électrices et aux électeurs (lire La drôle de campagne). Aussi ils en inventent une de toutes pièces : voter Di Martino pour battre l’extrême-droite. Allons jusqu’au bout: est-ce que voter Di Martino pourrait affaiblir l’extrême-droite qui est aux portes du pouvoir? De quelle façon?

Hold-up sur les municipales

Constatons tout d’abord que ce refus de débattre des enjeux locaux (la situation de notre ville, ses problèmes et ses atouts, les améliorations possibles, les responsabilités du maire sortant, etc.) revient à voler aux citoyen.nes les élections municipales qui sont le moment par excellence pour faire tout cela. C’est de la dépolitisation. Détourner les citoyen.nes des affaires publiques locales qui sont le premier maillon, le plus concret de la vie politique, n’est-ce pas justement nourrir l’abstention ou le vote d’extrême-droite?

Tony!

Tony mérite bien son point d’exclamation. Ce n’est un secret pour personne, ni pour les habitant.es, ni pour le microcosme politique: Tony Di Martino est un maire particulièrement brutal. Il n’hésite pas à élever la voix et à engueuler les habitant.es lors des réunions publiques dès qu’il sent poindre la moindre réticence ou la moindre critique. Il n’hésite pas à prêter à ses concitoyen.nes des propos ou des attitudes qu’iels auraient  tenus, selon lui, dix ans plus tôt. Ce serait presque risible si l’atmosphère n’était pas aussi poisseuse : dans ce genre de situation, tout le monde (élu.es et agent.es) regarde ses pieds et se dit : mais qu’est-ce que je fais là? La honte, quoi.

En complément, un fonctionnement particulièrement vertical qui ne laisse aucune place à un travail d’équipe. On est dans l’autoritarisme, dans l’abus de pouvoir permanent. Les femmes, élu.es ou agent.es, sont toujours dépréciées, une pratique qui s’apparente au gaslighting (Lire comment faire taire les femmes). Il faudrait aussi évoquer les divisions  entretenues par le maire, par exemple entre les nouveaux habitant.es et les plus ancien.nes, ou le délabrement du service public communal.

Dans ces conditions, il est bien difficile de voir comment voter pour ce personnage permettrait en quoi que ce soit de résister à l’autoritarisme qui vient. C’est plutôt lui ouvrir un grand boulevard.

Comment résister alors? Quelle rôle pourrait avoir une ville comme Bagnolet face à l’extrême-droite?

La première parade pour résister à l’extrême-droite, c’est justement de revivifier la démocratie: rendre le pouvoir aux citoyen.nes. Des propositions nouvelles, du débat politique, à l’occasion des élections municipales peuvent susciter l’intérêt et l’engagement des habitant.es, provoquer un réveil citoyen: c’est que nous tentons de faire avec Bagnolet Collectif. La participation citoyenne, l’inclusion, le féminisme sont au cœur de notre belle dynamique.

Le second moyen, c’est de combattre les inégalités en renforçant les services publics communaux, en les rendant à nouveau opérationnels. Tout ce qui consolide le tissu social et ne laisse pas les habitant.es seul.es face à leurs difficultés, aide à résister à l’extrême-droite. La proposition faite par Bagnolet Collectif de créer un poste de médiateur du logement prend ainsi tout son sens.  

Troisième moyen, combattre vigoureusement les discriminations raciales : Bagnolet Collectif propose le recrutement d’un chargé de mission dédié à ces questions en lien avec l’Observatoire départemental des discriminations et de l’égalité. 

Roisin, co-cheffe de file de LFI à Bagnolet, évoque aussi la nécessité d’un travail renforcé avec les associations, l’adhésion à des réseaux de villes solidaires, une communication claire et continue entre la municipalité et les habitant.es. Aux Etats-Unis, les cités sanctuaires qui limitent leur coopération avec l’Etat fédéral sur les questions d’immigration sont un exemple intéressant. L’entraide et la solidarité que l’on voit se déployer à Minneapolis sont fondamentales.

Sur cette question comme sur les autres, il faut une vraie volonté politique et des pratiques cohérentes avec les engagements pris, tout ce qui manque au maire candidat.

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