Les puciers vent debout contre le chantier de la ville de Paris

Rassemblés lundi matin sur la place de la porte de Montreuil, les commerçants des Puces s’opposent aux grands travaux d’aménagement lancés par la mairie de Paris. Dès ce mardi, 82 commerçants vont perdre leur emplacement pour se retrouver plus haut vers Bagnolet. Extraits d’un article de Charles Henry dans Citoyens.com

Près d’une cinquantaine de commerçants des Puces de Montreuil ont donné de la voix ce lundi matin devant les cours de paddles. En cause, le début des travaux de requalification de la place de la porte de Montreuil sur la pointe du marché, face au centre commercial et communément appelée le “ square ”. Problème : pour réaliser ce chantier, principalement de réfection des sols, 82 emplacements doivent être délocalisés vers le haut du marché, à proximité de l’avenue Gallieni à Bagnolet. “ On va se retrouver entassés, et surtout, il n’y pas de place pour stationner, ni pour déballer“ , déplore Djamel Zidani, président du syndicat du marché aux puces qui regroupe un peu plus de 400 commerçants.

Un projet attendu par les riverains

D’un montant de 151 millions d’euros, le projet, réclamé de longue date par les riverains, doit transformer complètement le rond-point qui relie aujourd’hui Montreuil, Bagnolet et Paris. L’anneau sous lequel passe aujourd’hui le périphérique doit laisser la place à un vaste parc rectangulaire et piétonnier d’ici à 2030. Modifié à plusieurs reprises, le projet a finalement été scellé avec l’adoption du plan local d’urbanisme bioclimatique de Paris en 2024. Dans ce bras de fer, les commerçants de puces ont réussi à obtenir l’abandon du projet d’une halle couverte qui aurait, selon eux, dénaturé le caractère populaire de leur marché. “ Nous avions aussi des engagements de la part de la mairie de Paris. Normalement, les travaux devaient être réalisés avec les commerçants sur le site, du mardi au vendredi, pour leur permettre de déballer samedi, dimanche et lundi“ , rappelle Djamel Zidani. Mais lors d’une réunion d’information organisée le 8 janvier à la mairie du 20ème arrdt de Paris, il leur a été signifié qu’ils ne pourraient plus prendre d’emplacements sur le “ square ” à partir du 14 avril.

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“ Le principe du premier arrivé premier servi n’est pas acceptable“ 

Pour continuer leur activité, le délégataire de la concession a proposé aux commerçants du “ square ”, qui sont essentiellement des fripiers, de nouveaux emplacements, plus haut sur l’avenue du Pr Lemierre. “ On nous a proposé de prendre une place pour 17 mois dans une parcelle qui est déjà occupée. Mais il n’y a aucun plan d’emplacement défini. Le principe du premier arrivé premier servi n’est pas acceptable. On va se retrouver dispatchés, ce qui n’est pas bon dans notre commerce“ .

Ce nouveau lieu est, en effet, occupé par les commerçants du marché à la ferraille de Bagnolet depuis l’incendie de la fin janvier 2025. “ On ne comprend pas pourquoi il faut 17 mois pour mettre un enrobé ”, pointe Edith Félix. La nouvelle adjointe (Écolos solidaires) au maire de Bagnolet en charge de la propreté urbaine et de l’économie circulaire, s’est rendue au rassemblement pour défendre la cause des commerçants du marché à la ferraille. “ Ils risquent maintenant de perdre leur lieu de travail puisque ce sont les plus anciens qui auront la priorité“ , indique-t-elle. “ Si on gagne tant mieux, si on perd ce n’est pas grave. Mais on fera alors une mutation par ordre d’ancienneté“ , confirme Djamel Zidani.

“ Des solutions ont été proposées. Les commerçants du square pourraient être installés sur la parcelle du chantier située devant les padels qui ne doit démarrer qu’en 2028“ , regrette Edith Félix. “ Nous ne sommes pas du tout opposés à ces travaux de réaménagement, mais on ne peut envisager des travaux sans penser à 400 chefs d’entreprise qui ont des familles à faire vivre. On n’est pas des pions. Aucune solution ne nous est proposée. On peut pas prendre les commerçants du square et les disséminer comme ça“ , renchérit Monique Rubin, présidente de la fédération des marchés de France, venue apporter son soutien.

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